Observer la faune sauvage autour du Domaine de Castille

La vie sauvage des Pyrénées est particulièrement riche. 

 

Outre le fameux ours – peut être trois ou quatre spécimens sur les hauteurs d’Estaing et d’Arrens – la faune se caractérise par la présence importante d’oiseaux de proie et de grands charognards, ainsi que plusieurs animaux endémiques étonnants.

 

La nuit vous croiserez sur les routes de montagne de nombreux chevreuils, biches (le cerf est plus difficile à observer), renards, ainsi que des blaireaux.

 

Ce recueil ne prétend à rien, est loin d’être exhaustif et ne cherche pas à être scientifique. Il s’agit seulement de nos observations et de quelques curiosités… 

Ours

"Lo Moussu" en patois, "Le Monsieur", il vit à l’étage subalpin entre 1500 et 2500m. L’animal emblématique, le seigneur des Pyrénées n’existe quasiment plus qu'à l’état parcellaire chez ses nombreux descendants slovènes. Sa présence et sa réintroduction impliquent nécessairement passions et rancœurs. 

Chassé jusqu’en 1962, l’un des derniers fut abattu à Estaing dans les années cinquante. On trouve souvent posées sur les linteaux de cheminée des gens d’ici de vielles photos noir-et-blanc de chasse à l’ours. Il en restait cinq ou six en 1996 au moment des réintroductions.

Quasiment invisible, il est possible de l’entendre grogner au loin (brrrr), mais il fait surtout beaucoup parler de lui. Et il y a régulièrement des prédations sur les troupeaux.

Exposé des arguments entendus ici et là :

 

Les pro-réintroduction

La souche pyrénéenne est en voie de disparition. Il occupe une place symbolique dans le panthéon local, c’est une figure de l’identité pyrénéenne. Il ne peut disparaître. Il n’est pas dangereux pour l’homme et les éleveurs reçoivent des indemnités si leur troupeau est attaqué, alors qu’ils n’ont qu’à faire leur travail. Et puis « c’est la loi », le Conseil d’Etat nous a donné raison et les Français en général et les Pyrénéens en particuliers sont en grande majorité pour les réintroductions…

 

Les anti-réintroduction

Ce n’est pas le même ours. L’ours brun eurasien n’est pas classé comme espèce en danger par les organisations internationales : donc à quoi bon ? Il n'a aucune utilité sur la chaine alimentaire. Et puis, c’est une histoire de parisiens méprisants, on n’a pas été consultés, les réintroductions se sont faites en catimini (et même par hélicoptère). L’ours implique de veiller nuit et jour sur les troupeaux dans les estives en altitude. On ne peut imposer de vivre ainsi seul pendant quatre mois isolé dans la montagne sans redescendre : les éleveurs ont le droit à une vie de famille normale au 21e siècle… Enfin, perdre une brebis, pour un berger, est toujours un échec, un stress, que ne compense jamais le versement de quelques centaines d'euros. 

Grand Tétras

Demandez-nous où l’entendre, nous vous dirons, mais seulement à certaines époques

Desman des Pyrénées

Etrange petit animal : mammifère aquatique doté de pattes palmées et d’une trompe comme un éléphant… De la taille d’un mulot mais proche parent de la taupe, on le trouve dans les ruisseaux de moyenne montagne.

Il vit sous l'eau, ne remonte à la surface que pour respirer et se déplace de façon extrêmement vive en utilisant sa queue pour se diriger. 

 

Animal pyrénéen strictement endémique, ne le cherchez pas, vous ne le trouverez pas. Un jour peut être il viendra à vous, comme nous en avons fait l’expérience.

Chat sauvage

Animal étonnant, très différent du chat domestique, très sauvage on peut néanmoins le voir de temps à autre, il est assez présent dans les Sept Vallées. Il est beaucoup plus gros que son compère apprivoisé.

De couleur gris sombre (ou fauve suivant les saisons), sa robe est striée ou pommelée, sa queue est longue, épaisse et ornée de plusieurs anneaux noirs. 

Réussir à observer un chat sauvage crée un sentiment curieux, ça ressemble à un gros chat, mais avec quelque chose en plus, une démarche de fauve, sa longue queue lui donne un air de léopard et un coté prédateur qui marque l’esprit…

Gypaète Barbu

L’autre prince des Pyrénées. Une tête de punk anglais rouquin à barbichette, l’œil cerclé de rouge, trois mètres d’envergure (!) ce vautour charognard est surnommé "le casseur d’os" : il les laisse tomber sur les rochers avant de les avaler. 

Sur un cadavre les vautours arrivent en premier et se nourrissent de la viande. Le gypaète attend son heure, il laisse faire les autres nécrophages et lorsqu’ils ont tout mangé, lui arrive et il a encore de quoi se nourrir des os restants pendant plusieurs semaines.

Les jeunes ados partent seuls se former en Asie pendant sept ans avant de revenir en Europe, principalement dans les Pyrénées. Il peut vivre une quarantaine d’année !

Le Domaine de Castille est situé sur l'aire de vie d'un couple de gypaètes.

L’animal en vol est majestueux, il bouge à peine ses ailes, c’est un grand planeur…

Isard

Comme il est aisé de le constater, l’isard n’a rien à voir avec le chamois des Alpes !

 

L’isard des Pyrénées est un poil plus petit, à peine plus gracile et ses cornes plus fines sont plus resserrées. Enfin sa robe est vaguement plus fauve …

 

C’est simple : rien à voir !

A partir de mille sept cent mètres d’altitude, ils sont très fréquents au dessus du lac d’Estaing ou du Tech.

Bouquetin Ibérique

Malgré le nom, on peut de nouveau voir (et même de plus en plus) des bouquetins ibériques du côté français des Pyrénées depuis 2015. Plus de quarante petits auraient vu le jour dans les Hautes-Pyrénées l'été 2020, portant la population à plus de 400 individus. Il n'y en avait plus aucun depuis 1910.

 

L'étonnant dans cette affaire est que le bouquetin est resté présent en nombre du côté espagnol des Pyrénées, mais que celui-ci, sans doute par fidélité à ses origines, préférait rester sur les terres de ses ancêtres... Il a donc fallu le réintroduire du côté français en allant prélever dans la Sierra de Grédos des "chèvres des monts" (cabra montés en espagnol), mais c'est bien un bouquetin. 

Le bouquetin des Pyrénées est légèrement plus petit que son cousin alpin (of course...), mais il pèse plus du double de l'isard. Il est très difficile à observer ne sortant pratiquement que la nuit.

Encore une espèce endémique des Pyrénées ! C’est un gros triton d’altitude doté d’une queue préhensile qui aime l’eau claire des ruisseaux de montagne à six degrés. Il est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées.

Calotriton des Pyrénées

Vautour Fauve

Très présent dans les Hautes-Pyrénées, il vit en colonie de charognards, qui volent en décrivant de grands cercles. Deux mètres soixante dix d’envergure.

Surnommé "l’équarrisseur des montagnes", son long cou lui permet de s’introduire dans la carcasse de la bête afin d’attraper les meilleurs morceaux…

 

De nombreux témoignages accusent le vautour fauve de s’attaquer à des animaux vivants et notamment de très jeunes veaux, alors qu’il a toujours consommé le placenta laissé dans les estives par les vaches venant de vêler. Ce changement de comportement d’un animal qui a toujours été nécrophage s’expliquerait par la disparition des aires d’équarrissage à ciel ouvert en Espagne, demandée par l’Union Européenne.

Lièvre Variable

Certains affirment qu’il est absent des Pyrénées et d’autres prétendent l’inverse, il aurait été réintroduit et puis aurait de nouveau disparu… De notre côté, nous en sommes certains, nous l'avons déjà vu avec son pelage blanc dans la neige. C’est sa particularité, sa couleur change du tout au tout entre l’été et l’hiver. Il vit en altitude, à partir de mille cinq cent mètres.

Marmotte

Etrangement, la marmotte n’est pas un animal d’ici. Elle fut introduite par l’homme dans les années cinquante et s’est très bien acclimatée.

On en trouve partout. Vous entendrez d’abord le sifflement d’alerte de la marmotte de corvée de garde. Aussitôt la petite troupe disparaît dans le terrier familial, la maman sermonnant les petits qui s’éloignent toujours trop loin.

 

Continuez alors un peu votre chemin puis arrêtez vous et observez en silence : vous ne tarderez pas à voir une dizaine de têtes réapparaitre, car la marmotte à un vilain défaut, c’est une grosse curieuse !

 

Si vous avancez très lentement et sans bruit elles finiront par approcher.

Perdrix des neiges (ou Lagopède)

Comme le lièvre variable son plumage change au cours des saisons, de blanc pur l’hiver (sauf les pattes qui restent noires) à gris-brun l’été puis toutes les variations intermédiaires à l’automne (surtout les mâles). Elles vivent dans les éboulis à plus de deux mille mètres d’altitude.

Chien Pyrénées (ou Patou)

C’est "Belle" de "Belle et Sébastien".

Ce n’est pas un animal sauvage, mais il s’appelle "Le Pyrénées".

Il a donc sa place ici. 

 

Mais c’est surtout l’incroyable histoire d’un chien à qui l’on fait croire qu’il est un mouton ! Et ça marche.

 

Tout en restant bien carnivore (jusqu'à 60 kg de muscles), le Patou est volontairement élevé au milieu du troupeau - l'imprégnation - dans la bergerie (interdit de caresser les chiots pourtant adorables !) puis dans les estives. Même affamé, il ne s’attaquera pas à ses congénères brebis. Beaucoup plus courageux et imposant qu'un simple mouton, il protège le troupeau des prédateurs, loups, ours, lynx, qu'il n'hésite pas à attaquer bille en tête ! Ce n’est pas à proprement parler un chien de berger, il ne rassemble pas le troupeau comme le Labrit (le "Petit Berger des Pyrénées", chien dit de conduite), le Pyrénées est un gardien. Il peut donc mordre le promeneur s’il considère que ce dernier met en danger le troupeau.

Il est vaillant, dévoué, fugueur, têtu, aboyeur. Chien royal (de Louis XIV), mondialement connu, c'est un seigneur !

Mérens et Pottiok

Là encore ce ne sont pas des animaux sauvages, mais des chevaux endémiques d’ici. Ils sont assez communs en Haute-Bigorre et voguent le plus souvent en semi liberté. 

Petits chevaux de races primitives très homogènes ils n’ont subit quasiment aucun croisement et présentent dit-on de nombreuses ressemblances avec les chevaux peints des grottes préhistoriques. 

Ils ont en outre hérité des vertus du montagnard :

- une rusticité extrême (même pas besoin d’un abri pour passer l’hiver !) et l’endurance

- la sureté de pied (mérite habituel de la mule)

- la franchise, la douceur et la gentillesse (qualités communes à tout montagnard qui se respecte !)

Chevaux élevés en transhumance, le Mérens est ariégeois et sa robe est noire quand le Pottiok est plus basque ou béarnais avec sa robe alezane foncée. 

 

Le Pottiok et le Mérens avaient autrefois un demi-frère de Bigorre, dénommé Bigourdin ou Navarrin. Petite monture de cavalerie légère, il a malheureusement disparu au 19e siècle du fait des croisements. En 1861, l’hippologue Eugène Gayot, lui même largement responsable de la disparition du Bigourdin, disait en le comparant au Pottiok basque  « le cheval des Basses-Pyrénées est plus paysan, moins avancé au point de vue de la race » et que « celui des Hautes-Pyrénées est plus aristocrate et occupe un rang plus élevé sur l'échelle ».

Corneille Noire

Petite cousine du corbeau, d'une intelligence étonnante, elle est symbole de fidélité, de stabilité et de longévité. Elle est l’animal emblème des vicomtes du Lavedan (le nom ancien des Sept Vallées ou Vallée de Gavarnie, dont fait partie le Val d’Azun).  On la retrouve, par trois, dans de nombreux blasons de village.

Vous en croiserez partout dans les vallées et en montagne.

Armes du Vicomté de Lavedan 

Blason d'Arrens-Marsous

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